Continuer à écrire au temps de l’IA, une manière de résister à la paresse intellectuelle qui semble grignoter les cerveaux du monde ?
Ces jours-ci, j’ai publié Hervé, l’ami raconté, enfance qui fait partie d’une série de récits en devenir : Paul, morceaux choisis.
Pour ma plus grande satisfaction, une lectrice, qui a lu toutes mes publications, m’a fait remarquer que ce dernier texte ne ressemblait pas à ce que j’avais écrit auparavant. Aussi, elle voulait savoir si j’avais fait appel à l‘IA pour l’écrire ? Cette question m’a interloqué sur le moment mais en y réfléchissant, je l’ai trouvée assez légitime.
L’écriture ou le paradoxe de la torture et du délice
J’étais particulièrement satisfait de ce dernier texte car j’avais décidé de m’essayer à une écriture plus classique, et je redoutais le résultat.
En effet, depuis que j’ai commencé ce blog, j’ai voulu tester différents styles suivant les sujets abordés ou les histoires racontées. Et je dois dire que, même si c’est souvent douloureux, le processus d’écriture et de réécriture me procure un véritable plaisir. J’ajouterais même que c’est la réécriture que je préfère.
Pour ce dernier texte, il y a eu cinq ou six versions différentes. Cela m’a permis de comprendre que même lorsque j’ai l’impression que mon texte est terminé, je ne dois pas céder à l’impulsivité qui me pousserait à la publication immédiate. Je dois me laisser une nuit de réflexion avant la dernière phase de remaniement.
Et j’avoue que je me suis particulièrement régalé lors de l’élaboration de ce dernier récit.
Utiliser l’IA ou pas ?
Pour répondre à la question de ma lectrice : non, je n’utilise pas l’IA pour écrire mes textes.
Par contre, j’y ai recours avec parcimonie pour qu’elle me signale les fautes d’orthographe, de ponctuation et je pose, en cas de doutes, des questions concernant la cohérence des temps utilisés.
Je refuse systématiquement que cela soit l’IA qui effectue les corrections ainsi que ses propositions systématique de réécriture.
Pour cela, je me sers d’une IA « éco-responsable » : Euria.
Cependant, même si la tentation est grande, j’essaie de ne pas abuser de cet outil.
Tout d’abord, parce que nous savons que l’utilisation sans retenue de l’IA provoque des désastres écologiques funestes : une consommation hydrique énorme, le pillage des ressources naturelles comme les minerais pour produire les puces des calculateurs etc
Mais c’est aussi le refus d’une paresse intellectuelle, car nos cerveaux résisteront-ils à une certaine altération si nous les sollicitons de moins en moins ? Que va-t-il se passer si nous cessons de réfléchir pour trouver un mot juste, une tournure de phrase ?
Et que dire de ceux qui confient entièrement la rédaction de leur texte à une IA ? Que va devenir la capacité de raisonnement de l’être humain ? Va-t-elle disparaître au profit des machines ?
La disparition de l’imagination est aussi préoccupante alors que certains utilisent l’IA pendant tout le processus de création.
De plus, où est l’honnêteté envers les lecteurs ? Malheureusement, la suspicion de ces derniers risque de gagner du terrain vis-à-vis des auteurs.
Je vais donc rester un artisan de l’écriture. 🙂
Addendum ou piégé par l’IA
J’ai voulu vérifier comment étaient considérés mes textes par un vérificateur de détection d’IA. Comme j’ai vérifié plusieurs fois certains textes suite aux réécritures, le vérificateur considère que les textes ont été générés en partie par une IA.
Me voici donc bien contrit.. 🙂